Attachement et perte : Volume 2

Dans ce deuxième volume, John Bowlby s’intéresse à la séparation et aux réactions qu’elle engendre. 

Pour cela, il revient sur l’origine de l’histoire de l’homme qui a constitué le façonnement de son cerveau et de ses réactions primitives. Il part du principe que nos comportements sont issus d’un environnement totalement différent de celui dans lequel nous vivons actuellement car l’évolution de la société est beaucoup trop rapide pour que l’homme adopte des comportements stables qui seraient adapté à son environnement.

Lorsqu’on prend en compte la vie au sein d’un environnement primitif, l’homme est plus vulnérable lorsqu’il se trouve seul. Nous avons donc une tendance intuitive qui active la peur face à la solitude, comme un réflexe de survie.

Ce volume est de nouveau illustré par de nombreuses études réalisées principalement sur des enfants afin d’observer leur comportement face à l’absence de leur figure d’attachement ou à la présence d’un inconnu. Il en ressort, entre autre, que la peur est plus difficile à gérer lorsqu’on est seul et qu’il est plus facile de combattre sa peur lorsqu’on est accompagné.

Du moment que dans nos vies à tous, nos compagnons les plus dignes de confiance sont nos figures d’attachement, le niveau de notre susceptibilité à la peur devient lié en grande partie à leur présense ou leur absence, et dépend également de l’usage des menaces d’abandon ou de départ qu’ils peuvent employer. John Bowlby décrit la présence d’une figure d’attachement comme un accès aisé à cette personne associé à sa disposition de répondre d’une manière adéquate, c’est-à-dire avec la volonté de rassurer et protéger son enfant.

John Bowlby identifie plusieurs styles d’attachement qui se constituent dans les premières années de la vie, en relation avec les figures d’attachement pour se stabiliser aux alentours de 3 ans. Ces schémas relationnels ont toutes les chances de perdurer ainsi pendant l’enfance et l’adolescence et laissent leur empreinte sur la manière d’entrer en relation avec l’autre à l’âge adulte.

Ainsi, un enfant qui n’a aucune confiance dans le fait que ses figures d’attachement lui seront accessibles et dévouées lorsqu’elle en aura besoin peut développer un attachement anxieux et avoir tendance à demeurer à proximité immédiate de ses figures d’attachement. Dans ce cas, la perspective d’une expérience de séparation devient trop effrayante. D’après les observations, plus l’enfant vit dans un environnement avec des réactions discontinues et imprévisibles, plus son attachement sera angoissé, et pour certains deviendra totalement détaché, voire agressif comme une protection contre les déceptions. D’autres enfants se trouvent dans une situation où c’est le parent qui est anxieusement attaché et qui renverse la relation normale parent-enfant.

Les séparations, en particulier lorsqu’elles se prolongent ou se répètent, peuvent amener à développer la colère jusqu’à atteindre des niveaux dysfonctionnels qui vont inverser la qualité de l’attachement. A la place de trouver une affection profondément enracinée ponctuée de contrariétés, un enfant peut développer une hostilité sous-jacente masquée par moment par une affection anxieuse et incertaine. La colère est dysfonctionnelle lorsqu’elle atteint une telle
intensité et/ou persistance que le lien qui unit au partenaire s’en trouve
affaibli au lieu de renforcé avec par exemple des actes agressifs et des envies de vengeance lors d’une nouvelle expérience de séparation.

John Bowlby dresse également le profils des enfants qui deviennent relativement stables et surs d’eux-mêmes en grandissant. Ces personnes ont bénéficié d’un soutien parental sans faille, d’encouragements constants mais mesurés amenant à une autonomie et d’une communication ouverte sur les fonctionnements de chacun avec des possibilités d’adaptation de la dynamique relationnelle.

En conclusion de ce deuxième volume, il est établit que l’enfant tend à s’identifier aux parents et donc à adopter avec ses propres enfants les mêmes schémas de comportement. Les modèles d’interaction décrit ont une tendance forte à se transmettre d’une génération à l’autre. Ainsi, pour John Bowlby, l’héritage de bonne ou mauvaise santé mentale transmis par la micro culture familiale est sûrement aussi importante, si ce n’est plus, que l’héritage génétique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *