Attachement et perte – Volume 3

Troisième volume de l’étude de l’attachement par John Bowlby à travers les réactions liées à la perte. Un volume qui présente les observations d’études réalisées auprès de personnes endeuillées et qui montre le lien entre le type d’attachement construit et la probabilité de présenter les caractéristiques d’un deuil pathologique. 

Cette problématique est importante par rapport à l’état psychique d’une personne car Bowlby précise qu’une bonne partie des maladies psychiatriques sont une expression de deuil pathologique.

Un sujet assez peu réjouissant que l’étude de la réaction au deuil et John Bowlby poursuit la présentation détaillée des études qui lui ont permis de faire la différence entre un deuil normal et un deuil pathologique et de prévoir la survenue de ce dernier en lien avec la construction de l’attachement. Différentes étapes du deuil sont présentées comme le choc, le déni, l’espoir d’une autre réalité, la colère, la tristesse, la résolution…

La problématique de prévenir la survenue d’une souffrance accrue lors des périodes de deuil est grande, surtout qu’on estime que les composants cognitifs et réactionnels de l’attachement qui se sont ancrés depuis la petite enfance viennent à fonctionner automatiquement, en dehors de toute prise de conscience. Si l’on ajoute une forme d’ancrage inconscient qui interdit la réévaluation des modèles de représentation internes, une personne peut se retrouver bloquée dans un vécu extrêmement douloureux.

Les personnes ayant développé un attachement anxieux ou ambivalent et celles qui ont développé une personnalité de soigneur compulsif sont les plus prédisposées à expérimenter un deuil pathologique, c’est-à-dire un deuil qui stagne dans la souffrance et ne permet pas d’accéder à un remaniement de sa vie qui intègre la perte de l’être cher.

Ainsi, les mécanismes de défense suivant peuvent s’implanter, créant des comportements qui paraissent incompréhensibles chez la personne endeuillée et qui éloignent ceux qui tentent de lui apporter leur présence. On peut rencontrer le déplacement dans lequel la colère ressentie sera dirigée vers une personne ayant peu ou pas de rapport avec la situation, le clivage lorsque la composante aimante est dirigée vers une personne tandis que la composante de colère est dirigée vers une autre, qui peut être la personne elle-même, ou encore la désactivation des influx sensoriels amenant à un détachement émotionnel.

Certains comportements parentaux amenant à construire un attachement pouvant poser problème dans la vie d’adulte sont expliqués et il apparait important à chacun d’être vigilant dans l’éducation de son enfant pour le protéger de sources de vulnérabilité dont il pourrait avoir du mal à se défaire. Lorsque les parents trouvent que les désirs de leur enfant de recevoir de l’amour et des soins représente un fardeau et réagissent avec irritation, ignorance, en grondant ou en faisant la morale ou lorsqu’un parent use de pression morale pour que son enfant soit présent, s’occupe de lui, le soulage, cela génère de l’anxiété, de la déception, du ressentiment, de l’amertume sur un enfant est souvent bien trop jeune pour comprendre ce qu’il éprouve. Une personne peut se construire en ayant la conviction d’être inadaptée, d’être de trop, d’être méchante sans entrevoir que ces pensées sont dues à un manque d’accordage entre ses besoins légitimes de l’enfance et la réponse apportée par ses figures d’attachement.

Pour conclure sur la lecture de ces trois volumes, la théorie de l’attachement parait prépondérante pour comprendre le mode de fonctionnement de chacun et l’acquisition de relations amicales et intimes satisfaisantes. En dépassant l’interdiction interne de remise en question des comportements de ses figures d’attachement, chacun peut ouvrir la voie vers une meilleure compréhension de ses modalités d’attachement et envisager une évolution favorable.

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