Emotions, mode d’emploi

Utiliser les émotions de manière positive avec les explications de Christel Petitcollin, accessibles à tous et particulièrement intéressantes pour les parents.

La gestion des émotions a été mal apprise à la plupart des enfants qui se retrouvent adultes avec le désir de les contrôler et le comportement très répandu de les contenir jusqu’à l’explosion. Toutefois, c’est lorsqu’on réprime et qu’on nie ses émotions qu’elles prennent le pouvoir et exercent un contrôle négatif sur nos vies.

Ce livre didactique et clair est un mode d’emploi essentiel pour apprendre à lire les émotions. 

Christel Petitcollin part des quatre émotions primaires que sont la joie, la colère, la tristesse et la peur. La problématique majeure dans ce domaine, c’est que l’entourage parental et éducatif est dans l’anti-éducation des émotions alors qu’elles ont chacune une fonction et une information à nous transmettre sur notre vécu. 

La socialisation de l’enfant amène la construction de deux autres émotions : la honte qui a pour objectif de provoquer une sensibilité au regard des pairs et la culpabilité qui est le signal d’une transgression d’un interdit ou de la morale et une prise de conscience du préjudice que l’on peut créer à autrui. Cependant, au lieu d’amener l’enfant à ressentir ces émotions en lien avec des comportements qu’il est susceptible de faire évoluer, les pratiques éducatives inculquent la honte et la culpabilité du ressenti émotionnel. On obtient ainsi l’inverse du résultat escompté, en ayant tendance à fonctionner en terme d’évitement et de déni de ces émotions désagréables, sans remettre en cause les comportements déviants.

Dans la gestion des émotions et des réactions associées, l’auteure préconise d’appliquer la règle des 3R : Respect de soi, Respect de l’autre et Respect de ses responsabilités. Il est donc important d’accompagner les enfants à faire face à leurs tempêtes intérieures pour les orienter dans une gestion saine des émotions qui les envahissent. Or, bien souvent, un parent n’ayant pas appris à gérer ses propres émotions se retrouve en difficulté face aux débordements de ses enfants, et le cercle de ce défaut d’apprentissage se perpétue.

L’auteure utilise des métaphores éclairantes pour décrypter les messages des émotions et construire une manière adaptée de les ressentir et d’agir en conséquence. Au sujet de la culpabilité, qui est fortement utilisée pour manipuler les autres, elle fait la distinction entre autonomie et égoïsme, en précisant qu’il appartient à chaque adulte de prendre soin de lui et de ses besoins. Un adulte n’a pas à faire prendre en charge ses besoins affectifs ou matériel à quelqu’un d’autre. Elle présente également le processus du racket émotionnel, où quand une personne exagère l’expression d’une émotion pour manipuler son entourage et donne des pistes pour résister au chantage affectif.

Une autre émotion qui se construit dans l’enfance est la frustration et l’enjeu de sa gestion est crucial pour chacun d’entre nous ainsi que pour la société. Les gens qui savent gérer la frustration sont matures, sociables, capables de patience et d’endurance. Les autres restent compulsifs et violents parce qu’ils croient que la réalité doit s’ajuster à leurs rêves au lieu d’intégrer que c’est à eux d’ajuster leurs rêves à la réalité. La fonction parentale a donc deux aspects, l’un gratifiant autour de câlins, de jeux, de réconfort et l’autre qui l’est nettement moins à travers la mise en place de limites que l’enfant chercher pour se sécuriser. L’auteur rappelle le devoir parental d’endurcir son enfant face à la frustration, de l’accompagner à encaisser les refus, les retards pour qu’il apprenne la patience et l’endurance. Cet apprentissage est ce qui amène à acquérir le self-control et à endiguer le recours à la violence car une personne violente est une personne qui n’a pas intégré ou admis le fait qu’elle n’est pas toute puissante sur les évènements extérieurs.

De nombreux éléments indispensables à l’utilisation positive des émotions sont présentées dans ce livre, amenant chacun à poursuivre un développement personnel respectueux de lui-même et des autres. 

Déjouez les manipulateurs

Ce livre est court, précis, clair et s’avère être essentiel pour comprendre les rouages de la manipulation et définir sa position par rapport à ce comportement. A travers les discours d’hommes et de femmes politiques, l’auteure présente les mécaniques de la manipulation et leur effet sur notre cerveau qui nous pousse à adhérer aux mensonges plutôt qu’à s’en protéger.

Et si au lieu d’user de ce registre on apprenait à développer l’authenticité dans nos relations, pourrions-nous améliorer la société ?

A travers ce livre, Elodie Mielczareck a une ambition pédagogique afin d’informer et d’être à même de contrer les paradoxes de la manipulation. Car la manipulation est quotidienne, légère, utilisée par tous et pourtant destructrice à grande échelle. L’auteure exclue de son propos la manipulation pathologique telle que la perversion narcissique pour parler des mécanismes les plus courants dont les gouvernants restent à l’heure actuelle les meilleurs « vecteurs ».

Voici donc un condensé des différentes techniques de manipulation décrites dans le livre car pour convaincre, un manipulateur utilise des subterfuges qui annihilent les capacités cognitives de son interlocuteur. Il peut s’agir de plonger dans le flou, de se distancier de son discours en utilisant l’infinitif, de proclamer des valeurs de Liberté, Egalité, Confiance, Justice pour ne pas être contredit, d’user d’éloquence pour impressionner, de noyer le poisson à travers des phrases longues et complexes qui n’ont aucun sens, de remplir l’espace, de promettre sans engagement concret, de ridiculiser son interlocuteur pour se sortir d’une question, d’infantiliser, ou de créer un double discours en admettant un propos immédiatement contredit par son inverse.

La manipulation la plus courante consiste à miser sur le sentimentalisme, à user du pathos pour susciter l’émotion que ce soit la pitié ou la peur. Le manipulateur sait se glisser dans la peau du gendre idéal, de même que la manipulatrice empruntera le masque de la belle-fille attentionnée. Ils flattent pour amadouer leur public, peuvent se présenter comme des sauveurs et sont friands de l’usage de l’ironie qui permet de faire entendre une double voix dans leur discours sans que les reproches cachés ne puissent leur être reprochés.

En résumé, la manipulation consiste à saturer l’espace cognitif de l’autre, par différentes techniques, afin qu’il n’ait plus d’autre choix qu’adhérer et soutenir ce vampire psychique.

L’auteure donne des pistes de détection des mensonges à travers l’analyse non-verbale: un rythme du corps en balancement peut devenir hypnotique alors que les ruptures de rythme sont synonymes de bonne foi, les regards un peu trop insistants tendent à imposer un rapport de domination…

En prenant du recul sur les discours des médias, sur les relations tant professionnelles que personnelles, on peut identifier lorsque ces mécanismes sont en place et tenter de les contrer, soit en les évitant, soit en refusant d’être un objet de manipulation pour ramener la relation sur le terrain de l’authenticité.

« Etre authentique, c’est :

  • faire preuve d’assertivité en disant ce que vous pensez peu importe les conflits d’intérêt;
  • faire preuve de réflexivité en écoutant l’autre et en n’excluant pas qu’il puisse avoir raison;
  • faire preuve d’empathie en ne jugeant pas l’autre. »

 
 

Guérir des blessures d’attachement

Un livre bien écrit, clair et par moment déstabilisant pour qui se reconnaîtra dans les blessures d’attachement décrites par l’auteure. La théorie de l’attachement de John Bowlby est ici analysée à travers les quatre styles d’attachement. Le premier, que l’on souhaiterait à tout le monde mais qui ne concerne que 50 à 60% de la population est l’attachement sécure, les trois autres sont catégorisés comme insécure. Il s’agit des attachements anxieux, évitant et désorganisé. Outre, le questionnaire permettant de se situer sur son style d’attachement, l’auteure propose de nombreuses pistes d’évolution afin de guider chacun vers un attachement sécure qui, s’il n’a pas été construit dans l’enfance, peut être acquis. 

Gwénaëlle Persiaux a un style d’écriture fluide et bienveillant. Elle entraîne le lecteur dans le coeur des problématiques d’attachement qui se construisent dans l’enfance et se maintiennent à l’âge adulte, entraînant souvent les personnes avec un attachement insecure vers des relations qui ne leur conviennent pas. Dès le début, l’auteure annonce que rien n’est figé, que réaliser quel est son mode d’attachement actuel n’est pas un couperet mais plutôt un premier pas vers une amélioration. Lorsqu’on se reconnaît dans l’un ou l’autre des propos de l’auteure ou des comportements adoptés dans le cadre de relation familiales, amicales ou amoureuses, cela peut secouer. Pour autant, ce livre est aidant, aussi bien pour comprendre les autres que pour se comprendre soi-même et les émotions qu’il peut susciter ne sont que des révélateurs d’une piste d’évolution, d’une marge de progression.

Pour chaque type d’attachement insécure, l’auteure explique la construction du profil depuis l’enfance puis l’illustre avant de présenter les fonctionnements des combinaisons de couples que l’on peut retrouver. Bien entendu, être en couple avec une personne sécure est une opportunité de progresser et de se défaire de ses problématiques d’attachement, mais tout le monde n’a pas cette chance. Et la meilleure évolution que l’on peut trouver est celle que l’on s’offre soi-même en faisant le pas vers un mieux-être, en acceptant de s’investir dans une psychothérapie, en testant des conseils.

Ainsi, l’attachement anxieux, dans lequel les personnes ont peur de l’abandon, de se retrouver seules peut tirer partie d’une recherche de ses propres ressources, de ses points forts, de ses objectifs personnels. L’attachement évitant d’une personne prônant l’indépendance et la débrouillardise peut améliorer la proximité avec elle-même et avec les autres en se reconnectant à son corps, en prenant le temps de ressentir, de laisser les émotions remonter à la surface. Quand à l’attachement désorganisé, qui mélange les deux précédents, il est souvent induit par des traumatismes qui nécessitent une prise en charge adaptée afin de les intégrer, non plus comme des émotions débordantes, mais comme des souvenirs, des passages difficiles que la personne a réussi à surmonter, malgré tout.

Enfin, les piliers qui sont valables pour tous, consistent à restaurer un narcissisme sain, amenant à une bonne estime de soi, sans tomber dans la supériorité ou l’égoïsme. Car, ce qui guérit, ce qui nourrit, ce qui satisfait, ce sont les relations que l’on entretient avec les autres. Il n’y a pas de meilleure manière d’interagir qu’en ayant un attachement sécure et s’il ne découle pas de l’enfance, on peut à tout moment entamer sa construction.    

Pour une écologie intérieure

Nous sommes entrés dans la période de l’anthropocène c’est-à-dire que l’humanité est devenue la principale force géologique sur Terre. Une telle situation nous contraint à penser et opérer un changement radical au niveau collectif. Pour entreprendre un tel changement, il revient à chacun individuellement d’effectuer une transition à l’intérieur de lui, de revoir sa manière d’être et de prendre en considération la planète qui l’accueille.

Ce livre présente un état des lieux de l’aberration dans laquelle nous
nous retrouvons en asservissant la planète au profit de l’homme sans se
soucier de la pérennité de ce mode de vie. L’approche des auteurs est
intéressante puisqu’elle établit un parallèle entre la manière dont
l’homme se comporte avec la planète et ses comportements envers
lui-même. Pour les auteurs, la pollution extérieure traduit notre
pollution intérieure. L’optique envisagée par cet écopsychologie est
donc de commencer par se pencher sur sa propre intériorité, à découvrir
le pire et le meilleur qui se trouve en soi et à s’apporter un respect
et un soin personnel qui ne pourra que s’étendre à l’environnement.

Si nous avons des difficultés avec notre environnement, c’est parce que nous avons du mal avec ce qui échappe à notre contrôle, autrement dit avec le sauvage que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur de nous. La responsabilité de l’être humain dans le déséquilibre de l’écosystème réside dans le fait qu’il agit sans analyser les conséquences systémiques de ses gestes. En perdant le lien avec la nature, avec les autres, avec l’impact de ses actes et de ses paroles, l’homme perd dans le même temps le sens de sa vie. Nous nous laissons dévier du cours de la vraie vie en cherchant à correspondre à un monde, en nous adaptant à ses exigences et en oubliant nos véritables aspirations. La société actuelle encourage la consommation, il est important d’avoir, de montrer son pouvoir, de paraitre et l’homme arrive à nier ses blessures ou frustrations en les comblant par un excès de consommation. Selon les auteurs, l’hyperconsommation procure une impression de réparation, voire de revanche sur toutes les misères subies réelles ou imaginaires, passées ou présentes. En chacun de nous, il y a un enfant omnipotent qui veut disposer de tout selon son envie. Cependant, la réalité est que nous vivons, nombreux et cependant temporairement, sur une planète aux ressources limitées, unique dans l’univers. Il est évident et largement établit que la course à la consommation en place dans les pays développés mène l’humanité à sa perte, provoquant conflits, violence, catastrophes naturelles et insécurité. Alors, le changement est une question de survie.

Une fraction de la population que les auteurs présentent comme les créatifs culturels affiche de nouvelles valeurs allant à l’encontre de l’individualisme consumériste et adopte une vision plus humaine conduisant à des gestes novateurs. Ces personnes s’engagent dans des nouvelles façons de vivre qui soient davantage respectueuses et tolérantes à la fois d’eux-mêmes, des autres et de la planète. Leurs préoccupations suivent six directions : œuvrer pour un monde plus écologique, donner d’avantage d’importance aux valeurs féminines, mettre en avant l’être à la place de l’avoir et du paraître, favoriser le développement personnel et spirituel, s’impliquer pour un changement sociétal et s’ouvrir aux autres cultures.

L’écopsychologie participe de ce courant. Cette discipline tente de comprendre de manière globale les problématiques de l’être humain avec son milieu avec l’idée que le bien-être psychique et la santé de l’habitat vont ensemble, ce qui signifie que la détérioration de la planète nous affecte et que notre mauvaise santé mentale a un impact sur la Terre.

Les auteurs expliquent que nous sommes dans une phase de transition, avec toute l’inquiétude et l’incertitude que cela comporte puisque nous ne savons pas vers quoi nous nous dirigeons et que le chemin de la croissance passe immanquablement par l’épreuve de la perte. Toutefois, un bien-être nous attend autrement. Il passe par la reconnaissance de ce qui est, par le simple fait de participer et de goûter à la vie, par la capacité à nous rendre disponible à l’instant présent, quel que soit celui-ci.

Ce livre comporte des axes de réflexions très intéressants et suffisamment nombreux pour s’approprier des idées et mener son propre cheminement dans notre société en mutation.

Si les hommes pouvaient parler…

Le psychologue Alon Gratch partage son analyse des principales problématiques des hommes d’après son expérience de thérapeute.

Il présente sept clés que tout homme aurait intérêt à explorer pour mieux se comprendre et que toute femme pourrait découvrir pour mieux appréhender les relations avec ces êtres humains si semblables, au fonctionnement si différent !

Voici donc les sept clés de la psychologie masculine détaillées tout au long du livre à travers des explications claires et des exemples concrets.

La honte : Ce sentiment si désagréable touche les hommes qui peuvent avoir tendance à le fuir, à projeter leurs propres défauts sur les autres, à se défendre avec agressivité pour éviter de faire face à l’échec, aux erreurs, à un manque…

Le vide émotionnel : Les hommes ont tendance à tout intellectualiser et à se distancier de leurs sentiments. Ainsi, nombre d’entre eux semblent ne rien ressentir et pour réactiver leurs émotions, il sera nécessaire de partir à leur recherche.

Le sentiment d’insécurité : Les hommes se sentent obligés de paraître viril, de maintenir une image de masculinité indéfectible alors ils nient leur vulnérabilité. Pourtant cette pression finit par leur nuire, particulièrement dans la sphère personnelle. 

La préoccupation de soi : Le principal problème des personnalités narcissiques, c’est leur manque de préoccupation pour les autres. Il ne paraît pas évident de modifier ce comportement bien ancré, mais Alon Gratch voit trois phases afin de permettre d’apprendre à voir l’autre.  

L’agressivité : Ce moyen de défense sert à intimider, à dominer et d’après l’auteur, son activation reflèterait la peur très puissante, mais aussi le désir, que l’homme ressent à l’idée de se perdre dans une femme. Autrement dit, ce serait le signe d’une ambivalence entre le souhait d’être avec une femme et l’angoisse de perdre sa propre identité.

L’autodestruction : Certains hommes incapables d’être agressifs avec les autres vont retourner cette pulsion sur eux-mêmes avec un sentiment d’impuissance et de nullité qui les poussera à ne rien faire, à saboter leurs projets et à se morfondre de plus en plus…

L’expression sexuelle : Et ce serait donc par le sexe que les hommes exprimeraient les problématiques qui les touchent avec de nombreuses variantes : impuissance, infidélité, éjaculation précoce, addiction au porno…

Certains hommes accompagnés par Alon Gratch ont réussi à surmonter les problématiques qui les touchaient quand d’autres sont restés enlisés ou ont fuit la thérapie sans donner de nouvelles. Le livre présente ainsi des techniques d’accompagnement, des conseils pour les proches, des recommandations, autant d’éléments pouvant éclairer les personnalités masculines. Il n’est pas question ici de demander de s’adapter systématiquement aux hommes car chacun porte la responsabilité de ses problématiques, mais simplement de mieux appréhender certains travers afin de choisir comment y réagir.

Ainsi, comme le dit l’auteur, hommes comme femmes doivent s’employer à résoudre ou intégrer la fracture entre leur part masculine et leur part féminine afin d’entrer dans une relation équilibrée avec l’autre. 

Le livre des vrais surdoués


Ce livre des vrais surdoués (2% de la population), écrit par une psychologue, concernée personnellement par le sujet et ayant suivi de nombreuses personnes surdouées est rafraichissant car il présente non seulement les différences intrinsèques de ce type de profil mais également des pistes de compréhension afin de tirer les bénéfices de ce fonctionnement spécifique.

Le diagnostic de la douance est fortement relié au test du QI, cependant les personnes surdouées ne sont pas plus intelligentes que les autres et ne réussissent pas obligatoirement mieux, elles ont surtout un fonctionnement différent.

Cela concerne d’abord le mode de pensée qui ne se réalise pas par étapes comme pour la plupart des gens. Le surdoué a une vision globale, une sensibilité exacerbée et un raisonnement qui se réalise en tâche de fond. Il a souvent besoin d’une deadline pour faire les choses. Il peut prévoir de se faire confiance pour y arriver car le cerveau anticipe cette deadline pour débloquer les pensées au bon moment. Le surdoué a donc besoin de se connaître pour fonctionner à sa façon plutôt que de se conformer à un mode qui est pour lui contre productif.

L’organisation atypique du cerveau du surdoué lui procure des capacités visuospatiales, une plasticité cérébrale, une mémoire et une rapidité de traitement des informations plus élaborées que la moyenne. Les enfants surdoués ont donc besoin de moins de répétition qu’un autre enfant pour apprendre et s’ennuient rapidement à l’école. En effet, la pédagogie considère qu’un enfant a besoin de 8 à 10 répétitions pour intégrer une connaissance, là où un bon élève n’en aura besoin que de 1 à 5 et un surdoué 1 à 2. Bizarrement, la complexité est plus facile à résoudre pour ces personnes qui peuvent utiliser des stratégies de complexification de tâches simples. Ce fonctionnement différent associée à une grande sensibilité entraînent une suractivité cérébrale qu’il peut être nécessaire de gérer, en utilisant la méditation de pleine conscience par exemple, afin de stopper le flot continu des pensées.

D’après l’analyse de l’auteur, les surdoués sont fondamentalement humanistes, ils placent l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres. Ce sont des personnes ayant des exigences élevées, des valeurs, en quête d’absolu, de sens avec un important besoin de compréhension. Ils sont également curieux, ouverts d’esprit, altruistes et empathes et sont donc des personnes de confiance. Les surdoués n’arrivent pas à concevoir que l’on reste statique, sans chercher à progresser, à s’améliorer et en cela, ils se remettent sans cesse en question. Ils cherchent également à faire progresser les autres. Ils ne conçoivent pas le mal, simplement parce qu’ils n’en comprennent pas l’utilité.

Avec ces différences, être surdoué n’est pas une garantie d’intégration sociale ou de bonne entente entre les personnes, d’autant plus qu’en étant dans l’impossibilité de se cantonner à une activité routinière, les personnes surdouées sont amenées à évoluer tout au long de leur vie. L’enjeu est comme pour tout être humain, d’apprendre à se connaître pour tirer le meilleur parti de ses capacités.

Je dépasse mes peurs et mes angoisses

Un livre court, efficace et amusant pour comprendre et dépasser les peurs et les angoisses.

Le sujet est traité d’une manière originale puisqu’on alterne entre des explications et des comics strips pour les illustrer, ce qui rend la lecture à la fois instructive et ludique.

Les peurs et angoisses sont inhérentes à l’être humain, elles font partie d’une stratégie de survie pour se protéger des dangers naturels (noir, vide, feu, gros animaux…). Le mécanisme de sélection naturelle a donc favorisé les individus porteurs d’un minimum de capacités à ressentir l’anxiété, les autres ont peut-être terminé dans un ravin ou dans le ventre d’un ours…

Les peurs sont catégorisées en plusieurs niveaux allant de l’inquiétude à la panique en passant par l’anxiété et l’angoisse, qui peut être comparée au vertige. Cette sensation naturelle a donc un objectif positif afin d’éviter les dangers, de mieux se préparer ou de prendre des précautions pour éviter les ennuis. Tout est une histoire de dosage car trop peu d’anxiété peut nous mettre en danger alors qu’un trop plein d’angoisse va provoquer paralysie et épuisement.

L’angoisse peut donc devenir pathologique, impliquant TOC ou différentes phobies. Les personnes anxieuses vivent au futur en anticipant les problèmes ou au passé en ruminant les erreurs. Elles se privent de moments de bonheur qui ne s’apprécient qu’au présent. D’autres deviennent maniaques et tentent de lutter contre leurs angoisses en développant un sentiment de contrôle sur leur environnement. La peur principale à laquelle nous avons à faire face est celle de la mort et tous les moyens sont bons pour s’en détourner.

Les auteurs proposent conseils et outils afin de se libérer des peurs et angoisses avec le recours à la relaxation, à la méditation et l’intérêt de prendre du recul sur les anticipations négatives. Pour cela, il est utile de réfléchir au sujet : Est-ce sûr? Est-ce grave? Comment agir de manière efficace et adaptée ?

Le rôle premier de l’anxiété est d’attirer notre attention sur un problème, ensuite elle ne sert plus à rien. Il nous reste à chercher un moyen de le régler.

Soyez vous-même tous les autres sont déjà pris


Le titre de ce livre de développement personnel m’a accroché et la présentation de l’auteur m’a convaincu d’entamer cette lecture.

D’explications en conseils, Gilles Azzopardi déblaye le chemin à travers
ce qui nous entrave : des croyances héritées aux biais cognitifs en
passant par les schémas que l’on s’applique sans qu’ils nous
correspondent. Le constat est intéressant mais ce qui l’est encore plus,
ce sont les pistes de solutions, les conseils pratiques et la
perspective simple et belle de s’autoriser à être soi.
Le livre commence avec quelques faits sur le fonctionnement de l’homme, facilement influençable, majoritairement soumis à l’autorité et conditionné par son enfance. Car, malgré la bonne volonté des parents, certains schémas imposés aux enfants étouffent et leurs conséquences perdurent longtemps. « Sois fort! », « dépêche-toi! », « sois parfait! », « fais plaisir! », « fais un effort! », ces ordres qui démontrent à l’enfant qu’il n’est jamais assez bien pour être accepté par son parent restent ancrées en lui, enjoignant des comportements qui l’éloignent de plus en plus de ses émotions et de sa personnalité.

Alors pour devenir lui-même, l’adulte a des changements à opérer afin de faire grandir sa confiance en lui et surtout d’atteindre l’acceptation inconditionnelle de soi. Parmi les pistes expliquées pour avancer dans cette voie:

  • se recentrer sur soi en prenant ses responsabilités, en arrêtant de penser à la place des autres, en s’exprimant clairement et en cessant de se comparer
  • apprendre à parler vrai : oser montrer sa vulnérabilité ce n’est pas de la faiblesse mais c’est simplement se rendre accessible, être humain
  • écouter l’autre, cela demande un effort à commencer par celui de savoir se taire, mais c’est ce qui amène des relations plus vraies et paisibles

De nombreuses personnes souffrant de carences affectives précoces présentent une dépendance affective avec une recherche d’une protection infaillible comme celle que l’on peut attendre dans l’enfance. Ce  problème, également lié au fonctionnement de la société qui promet sécurité à condition d’être docile, porte vers la soumission à l’autre. On peut ainsi accepter l’inacceptable par peur d’une rupture ou de la solitude. La théorie de l’attachement explique que les schémas d’attachement de notre enfance se répètent à l’âge adulte avec des profils d’attachement sécure, évitant ou anxieux. Heureusement, cela n’est pas irrémédiable et peut évoluer au gré de relations épanouissantes ou d’un travail sur soi.

Au cœur de la construction de sa personnalité vient le fait de ne pas renoncer à soi pour être conforme à l’image que les autres ont de nous. Penser à soi, c’est le premier pas à faire pour pouvoir vraiment penser aux autres, bien que cette attitude puisse être critiquée ou être qualifiée d’égoïste, car ce qui fait l’altruisme et la générosité c’est l’amour de soi. Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à ceux qu’on aime, c’est d’abord d’être heureux et de leur montrer. Les femmes ont encore plus de pas à faire dans ce sens parce qu’elles ont été conditionnées pour passer après les autres, pour s’occuper des besoins de leurs enfants, de leur conjoint, de leurs proches avant de penser à elles.

Ce livre est une lueur d’espoir car si chacun oriente ses choix vers la réalisation de ses objectifs, l’acceptation de ses différences et l’authenticité de ses propos, nul doute que les relations pourraient s’affranchir de contrôle, de critique, de jugement et d’agressivité.